Skip to main content

Le soleil se couche sur la reprise de l’été

13 septembre, 2022
clock 11 MIN LIRE

Contexte économique

Les vacances d’été ont pris fin prématurément pour le marché boursier, la reprise amorcée en juin ayant commencé à s’essouffler à la mi-août. Les actions ont alors entamé une baisse concertée qui s’est poursuivie jusqu’à la fin du mois. Les actions des marchés développés ont été en tête de cette baisse ; même si les actions des marchés émergents ont suivi un parcours semblable, elles ont terminé le mois d’août pratiquement à un niveau stable en raison d’une baisse plus faible.

Les observateurs du marché ont attribué le renversement de la tendance à la Réserve fédérale qui reste ferme dans son engagement de combattre l’inflation élevée malgré les difficultés économiques prévues. La conférence annuelle de la Fed à Jackson Hole pour les banquiers centraux a une fois de plus servi de forum pour délivrer un message fort sur ses priorités. Jerome Powell, le président de la Fed, a ouvert la conférence en expliquant qu’une croissance et un marché du travail plus faibles seront probablement les prix à payer pour le relèvement des taux afin de lutter contre l’inflation, et que ceux qui s’attendent à pivot prématuré vers une politique plus souple seront probablement déçus.

En août, les actions européennes ont chuté plus fortement que celles des autres marchés développés, s’écartant ainsi d’un schéma récent de mouvements dans les marchés entraînés par les États-Unis. Les actions britanniques ont aussi fortement reculé, tandis que les actions des États-Unis et de Hong Kong ont été moins malmenées. Les actions japonaises ont subi la plus légère baisse parmi les principaux marchés développés. Les actions de la Chine continentale ont été légèrement positives.

La reprise du marché obligataire au début de l’été, qui a commencé à peu près en même temps que celle des actions, a faibli au début du mois d’août, les taux d’intérêt ayant augmenté dans le monde entier (les rendements et les prix évoluent de façon inverse). Les taux des obligations d’État ont augmenté sur l’ensemble de la courbe des taux aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans la zone euro au cours du mois d’août, les taux à court terme dépassant à la hausse des taux à long terme. L’augmentation des taux à court terme a allongé les inversions (c’est-à-dire le moment où les taux à court terme sont plus élevés que les taux à long terme) le long des courbes de rendement des bons du Trésor et des gilts britanniques.

Les obligations d’État des marchés développés autres que des États-Unis ont été les moins performantes des titres à revenu fixe au cours du mois, en raison de la hausse des taux et de l’accélération (quasi inexorable) de l’appréciation du dollar américain (mesurée par l’indice du dollar américain). Les titres de créance des marchés émergents libellés en monnaie locale ont enregistré la plus faible perte du marché obligataire au cours du mois.

L’indice des produits de base Bloomberg est resté pratiquement inchangé pour l’ensemble du mois, avec une baisse de seulement 0,16 %, qui a masqué des mouvements beaucoup plus marqués des prix des matières premières individuelles. Les prix au compte du pétrole brut West-Texas et Brent Intermediate ont chuté en août de 9,93 % et 8,68 %, respectivement, tandis que les prix du gaz naturel ont bondi de 11,30 %. Les prix du blé ont augmenté de 3,10 %.

Le Groupe des 7 (G7) a fixé un plafond de prix pour le pétrole russe au début du mois de septembre, appliqué en refusant d’autoriser ou de garantir le transport maritime à des prix supérieurs au seuil. Plus de 90 % du transport maritime est assuré par les pays membres du G7, et le Royaume-Uni joue un rôle prépondérant dans l’assurance.

La menace qui pèse sur l’accès de l’Europe au gaz naturel s’est accrue lorsque la société russe Gazprom a fermé le gazoduc Nord Stream 1 à la fin du mois d’août pour des raisons de maintenance, puis a annoncé début septembre qu’il resterait fermé plus longtemps que prévu initialement.

La Russie a annoncé que des exercices militaires conjoints avec la Chine, l’Inde et d’autres nations se dérouleront dans son extrême orient et dans la mer du Japon au début du mois de septembre. Plus de 50 000 soldats et 60 navires de guerre participeront à ces exercices.

Banques centrales

  • Le 7 septembre, la Banque du Canada a augmenté son taux d’intérêt directeur de 0,75 %, pour le porter à 3,25 %. Il s’agit de la cinquième hausse de taux consécutive, ce qui porte à 3,0 % la hausse cumulative pour 2022. Le Conseil des gouverneurs de la Banque du Canada a noté que si l’inflation globale a quelque peu diminué, les mesures de base de l’inflation (qui excluent les éléments plus volatils, comme le carburant) ont en fait augmenté, ce qui indique que les pressions à la hausse continuent d’être généralisées. Compte tenu de ces perspectives, la Banque du Canada a indiqué que d’autres hausses de taux sont à venir, ainsi qu’un resserrement quantitatif continu (soit la réduction de son bilan).
  • Le Federal Open Market Committee (FOMC) n’a pas tenu de réunion en août après avoir augmenté le taux des fonds fédéraux de 0,75 % vers la fin du mois de juillet. Il s’agissait de la deuxième hausse de cette ampleur dans le présent cycle de resserrement — pour porter le taux repère dans une fourchette de 2,25 à 2,50 %. La banque centrale a également commencé à réduire son bilan, en permettant l’écoulement des titres du Trésor et des prêts hypothécaires, soit en leur permettant d’arriver à échéance sans les remplacer, aux rythmes maximums respectifs de 30 milliards de dollars et de 17,5 milliards de dollars par mois en août (pour passer en septembre à 60 milliards de dollars et 35 milliards de dollars par mois, respectivement).
  • Lors de sa réunion de début août, le Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre a augmenté son taux de référence de 0,50 % pour le porter à 1,75 %, soit la plus forte hausse individuelle en 27 ans.
  • La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas tenu de réunion de politique monétaire en août. Lors de sa réunion de juillet, la BCE a augmenté ses trois taux de référence de 0,50 % au lieu des 0,25 % prévus, pour la première fois en 11 ans. Lors de cette même réunion, la BCE a approuvé la mise en place d’un instrument de protection de la transmission (IPT) afin d’assurer la transmission en douceur de la normalisation de la politique monétaire dans les pays de la zone euro. Selon la BCE, l’IPT « peut être activé pour contrer une dynamique de marché injustifiée et désordonnée » en effectuant « des achats sur le marché secondaire de titres émis dans des juridictions où il y a détérioration des conditions de financement ».
  • La Banque du Japon n’a pas tenu de réunion de politique monétaire en août, mais est restée ferme dans l’orientation de politique souple qu’elle avait adoptée lors de sa réunion de juillet. Son taux d’intérêt à court terme est resté à -0,1 %, et l’objectif de rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans près de 0 %. La banque centrale a continué d’offrir des achats de JGB à 10 ans à 0,25 % afin de maintenir le rendement dans la fourchette acceptable pour la banque.

Données économiques

(sauf indication contraire, données provenant de Bloomberg)

  • Selon Statistique Canada, le taux d’inflation (mesuré par la variation de l’indice des prix à la consommation [IPC]) a augmenté de 0,1 % en juillet, et de 7,6 % pour la période d’un an. Ces données sont nettement supérieures à la fourchette privilégiée de la Banque du Canada. L’inflation globale a été inférieure aux rapports précédents en raison de la baisse du prix de l’essence. Pour ce qui est des autres données, l’inflation est restée généralisée, entraînée par les coûts du transport et des aliments. Les prix à la production ont baissé en juillet, mais sont toujours nettement plus élevés qu’il y a un an. L’indice des prix des produits industriels (IPPI) a diminué de 2,1 % en juillet, tandis que l’indice des prix des matières brutes (IPMB) a baissé de 7,4 %. D’une année à l’autre, l’IPPI a augmenté de 11,9 % et l’IPMB de 19,1 %. Les prix des produits pétroliers, des métaux et des cultures ont diminué en juillet, même si les prix par rapport à l’année précédente sont restés élevés. Le marché du travail s’est contracté de 40 000 emplois en août, tandis que le taux de chômage a augmenté à 5,4 %.
  • L’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (la mesure de l’inflation privilégiée par la Réserve fédérale) a reculé à 6,3 % en glissement annuel jusqu’en juillet, contre 6,8 % en juin, s’éloignant ainsi d’un record de 40 ans. La croissance du secteur manufacturier aux États-Unis a continué de ralentir en août, le reflet d’une légère expansion après une forte baisse en juin. L’activité des services américains s’est contractée à un rythme accéléré en août, après avoir chuté en juillet. Le nombre de salariés non agricoles a augmenté de 315 000 en août, mais le taux de chômage a grimpé à 3,7 % (contre 3,5 % en juillet) en raison de l’augmentation du taux de participation de la population (ce qui a pour effet d’accroître le bassin de travailleurs potentiels). Les offres d’emploi aux États-Unis sont passées de 11,04 millions en juin à 11,24 millions en juillet. Le nombre de chômeurs américains était de 5,67 millions en juillet, ce qui signifie qu’il y avait environ deux emplois disponibles pour chaque demandeur d’emploi. L’économie américaine s’est contractée à un taux annualisé de 0,6 % après avoir reculé de 1,6 % au cours du premier trimestre.
  • Au Royaume-Uni, les prix à la consommation ont augmenté de 0,6 % en juillet et de 10,1 % par rapport à l’année précédente, contre 0,8 % et 9,4 % respectivement en juin, ce qui constitue un nouveau record en 40 ans pour le taux d’inflation en glissement annuel. L’activité manufacturière du Royaume-Uni a commencé à se contracter en août après trois mois de ralentissement de la croissance. Le secteur des services du Royaume-Uni a continué de croître à des niveaux modestes, mais sains en août, qui correspondaient à peu près à ceux des trois mois précédents. Le nombre de demandeurs d’emploi au Royaume-Uni (soit le nombre de personnes demandant la prestation pour les personnes à la recherche d’un emploi) a reculé en juillet pour le dix-septième mois consécutif — d’environ 11 000 — et le nombre total de prestataires s’est maintenu à 3,9 % de la population. L’économie du Royaume-Uni s’est contractée de 0,1 % au deuxième trimestre de 2022 (comparativement à une croissance de 0,8 % au premier trimestre) et a connu une croissance de 1,9 % au cours des 12 mois se terminant en juin (après une hausse de 8,7 % au cours de la période d’un an précédente).
  • Les prix à la consommation ont augmenté de 0,5 % dans la zone euro en août, et de 9,1 % sur un an, comparativement à 0,1 % et à 8,9 % en juillet. Le taux d’inflation en glissement annuel enregistré en août est le plus élevé depuis qu’Eurostat a commencé à faire le suivi des données en 1997. Le taux de chômage de la zone euro s’est maintenu à 6,6 % en juillet pour le troisième mois consécutif, le niveau le plus faible depuis qu’Eurostat a commencé à enregistrer les données sur l’emploi en 1998. Une légère contraction de l’activité manufacturière dans la zone euro, amorcée en juillet, s’est poursuivie en août. L’expansion de l’activité des services dans la zone euro s’est essentiellement arrêtée en août après avoir atteint un sommet au printemps. L’économie de la zone euro a progressé de 0,6 % au cours du deuxième trimestre et de 3,9 % en glissement annuel, contre respectivement 0,5 % et 5,4 % au premier trimestre.

Répercussions sur les marchés

(les rendements des indices de référence sont en dollars canadiens)

Les marchés boursiers mondiaux ont progressé avec difficultés alors que la reprise de l’été s’est essoufflée. L’Europe et le Royaume-Uni ont souffert de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui les touche de plus près, et des pénuries de gaz naturel sont probables sur le continent. Le Japon, le Canada et les États-Unis ont enregistré des pertes plus faibles. Les marchés émergents se sont mieux comportés, avec en tête le Brésil et l’Inde. La Chine a également enregistré une hausse, bien que moindre.

Les marchés des titres à revenu fixe ont éprouvé de graves difficultés en raison des hausses de taux des banques centrales et des politiques de resserrement quantitatif. Les obligations à rendement réel ont enregistré les plus fortes baisses. Les obligations d’État et les titres de créance de société ont également reculé. Par contre, les obligations à court terme et les prêts hypothécaires résidentiels ont affiché de légers gains. Les obligations américaines à haut rendement, plus risquées, ont également baissé.

Données indicielles

(août 2022)

  • L’indice composé S&P/TSX a enregistré une baisse de 1,61 %.
  • L’indice obligataire universel Canada FTSE TMX a produit -2,74 %.
  • L’indice S&P 500, qui mesure les actions américaines, a reculé de 1,96 %.
  • L’indice MSCI Monde tous pays (net), utilisé comme étalon pour évaluer le rendement des actions mondiales, a perdu 1,56 %.
  • L’indice ICE BofA US High Yield Constrained, qui représente les marchés obligataires américains à rendement élevé, a produit -2,44 % (couvert contre le risque de change) et -0,24 % (non couvert).
  • L’indice de la volatilité de la bourse d’options de Chicago, une mesure de la volatilité implicite de l’indice S&P 500 aussi connue sous le nom d’« indice de la peur », a augmenté, passant de 21,33 à 25,87.
  • Les cours du pétrole brut WTI Cushing, un indicateur clé des fluctuations du marché pétrolier, ont reculé, passant de 98,62 $ US à 89,55 $ US le baril à la fin d’août.
  • Le dollar canadien s’est raffermi à 1,31 $ CA par $ US. Le dollar américain a été mitigé rapport aux principales devises mondiales. Il a terminé le mois d’août à 1,01 $ US contre l’euro, à 1,16 $ US contre la livre sterling et à 138,63 yens.

Informations importantes

Société de placements SEI Canada, filiale en propriété exclusive de SEI Investments Company, est le gestionnaire des fonds de placement et le gestionnaire de portefeuille des Fonds SEI au Canada.

Les informations fournies le sont à titre d’information générale et d’éducation uniquement et ne constituent pas un avis juridique, fiscal, comptable, un conseil financier ou de placement à propos des Fonds ou de tout titre en particulier, ni une opinion à l’égard de la pertinence d’un placement. Les informations ne devraient pas non plus être interprétées comme une recommandation quant à l’achat ou à la vente d’un titre, d’un produit dérivé ou d’un contrat à terme. Il n’est pas recommandé d’agir en fonction de l’information contenue dans ce document, à moins d’obtenir expressément un avis juridique, fiscal, comptable et financier auprès d’un professionnel en placement. Le présent document est une évaluation de la situation des marchés à un moment précis et ne constitue pas une prévision d’événements à venir ou une garantie de rendements futurs. Il n’est pas garanti qu’à la date de parution du présent document les titres mentionnés étaient ou non détenus par les Fonds SEI.

Le présent document pourrait contenir des « informations prospectives » (« IP ») telles que définies par les lois sur les valeurs mobilières canadiennes applicables. Les IP sont des déclarations se rapportant à des événements, des conditions ou des résultats probables et reposent sur des hypothèses au sujet de conditions économiques et de plan d’action futurs. Les IP sont exposées à divers risques, incertitudes et autres facteurs qui pourraient faire en sorte que les résultats réels diffèrent grandement des attentes explicites ou implicites associées au présent document. Les IP reflètent les attentes actuelles en ce qui concerne les événements actuels et ne sont pas une garantie de rendements futurs. Les IP figurant dans le présent document ou mentionnées à titre de référence sont fournies dans l’unique but de communiquer des attentes actuelles et pourraient ne pas être appropriée dans d’autres circonstances.

Bien que les sources externes ou autres sur lesquelles se fondent certaines informations fournies sont jugées fiables, Société de placements SEI Canada ne garantit ni leur fiabilité ni leur intégralité et ces dernières pourraient changer sans préavis. Les sources comprennent Bloomberg, FactSet, MorningStar et BlackRock.

L’investissement comporte des risques, dont le risque de perte en capital. La diversification peut ne pas offrir de protection contre le risque lié au marché. Par ailleurs, d’autres titres non mentionnés peuvent comporter des risques spécifiques. En plus des risques habituels associés à l’investissement, les placements internationaux peuvent comporter des risques de pertes en capital découlant de fluctuations défavorables de la valeur des devises, de divergences dans les principes comptables généralement reconnus ou de l’instabilité politique ou économique dans d’autres pays. Les marchés émergents présentent des risques accrus découlant des mêmes facteurs, en plus de ceux associés à leur faible taille et à leur faible liquidité. Les obligations et les fonds obligataires perdent pour leur part de la valeur quand les taux d’intérêt montent.

Les rendements indiciels sont présentés à des fins illustratives uniquement et ne représentent pas des rendements réels. Les rendements indiciels ne reflètent pas les frais de gestion, les coûts de transaction et autres charges. Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’y investir directement.

Des commissions, frais de courtage, frais de gestion et autres frais peuvent être associés aux fonds communs de placement. Veuillez lire le prospectus avant d’investir. Les fonds communs de placement ne sont pas garantis, leurs valeurs fluctuent fréquemment et leurs rendements passés pourraient ne pas se reproduire.

Our perspectives on industry challenges and opportunities.