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Début d’année en terrain glacial pour les actions et les obligations

février 10, 2022
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  • Les actions mondiales ont dégringolé au début de l’année avec la plus forte baisse mensuelle depuis mars 2020. Les actions de valeur ont beaucoup moins reculé que celles de croissance, tandis que les actions canadiennes n’ont enregistré qu’une légère baisse.
  • Les taux des obligations d’État ont augmenté pour toutes les échéances dans les principaux marchés développés ; la plupart des catégories d’actifs à revenu fixe ont subi des pertes. 
  • Même si nous avons observé des éléments de comportement spéculatif dans certaines parties du monde financier, nous n’observons pas le genre de frénésie généralisée qui laisserait présager une correction importante des actions en 2022.

Contexte économique

Les actions mondiales ont dégringolé au début de l’année avec la plus forte baisse mensuelle depuis mars 2020. La volatilité a légèrement augmenté pendant la première moitié de janvier, puis a nettement progressé en se comportant de façon erratique à la fin du mois, avec des fluctuations intrajournalières spectaculaires des cours.  

Le spectre d’une hausse de taux en raison d’une inflation toujours élevée ainsi que l’incertitude géopolitique provoquée par l’encerclement militaire de l’Ukraine par la Russie ont été largement cités comme sources de consternation des investisseurs. 

Les actions de Hong Kong et du Royaume-Uni se sont démarquées de celles des autres grands marchés en enregistrant des résultats positifs en janvier. Dans les marchés émergents, les gains considérables en Amérique latine ont plus que compensé l’effondrement des actions en Chine, ce qui a entraîné une baisse nettement plus faible des actions des marchés émergents que celle des actions des marchés développés. Les actions japonaises ont moins reculé que les actions américaines, tandis que l’Europe a tiré de l’arrière. 

Les actions axées sur la valeur ont beaucoup moins reculé que celles axées sur la croissance. (Les actions de valeur sont considérées comme bon marché et se négocient pour moins que leur valeur, tandis que les actions de croissance affichent une croissance régulière de leurs bénéfices supérieure à celle du marché en général.)

Les taux des obligations d’État ont augmenté pour toutes les échéances aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans la zone euro. Les taux à court terme ont enregistré les plus fortes hausses aux États-Unis, tandis que les taux à moyen et à long terme ont augmenté davantage que les autres échéances au Royaume-Uni et dans la zone euro. 

Les titres de créance des marchés émergents en monnaie locale sont restés pratiquement inchangés en janvier, mettant fin à une série de résultats négatifs récents ; le reste de l’univers des titres à revenu fixe a été négatif. Les titres de société de catégorie investissement ont enregistré la plus forte baisse du mois. (La catégorie investissement fait référence à la qualité du crédit de la société. Pour être considérée comme de catégorie investissement, la société doit avoir été notée BBB ou plus par Standard and Poor’s ou Moody’s.)

Les prix des produits de base ont poursuivi leur progression continuelle. Les prix du pétrole brut West-Texas Intermediate et Brent ont augmenté respectivement de 17,2 % et de 14,8 % en janvier, tandis que l’indice Bloomberg des matières premières a progressé de 8,8 %. 

Avec une présence militaire russe croissante à la frontière de l’Ukraine, le Nord Stream 2 — le gazoduc russe pas encore opérationnel (bien qu’achevé) qui longe les fonds marins de la Baltique pour rejoindre directement l’Allemagne — a fait l’objet d’un regain d’intérêt des deux côtés de l’Atlantique à la fin du mois de janvier en raison de l’effet de levier qu’il procurerait au Kremlin sur l’Europe. Des sénateurs américains ont présenté un projet de loi visant à empêcher la mise en service du gazoduc. Le chancelier allemand Olak Scholz a prévu de rendre visite au président Joe Biden à la Maison-Blanche début février. 

Les livraisons américaines de gaz naturel liquéfié par cargos en Europe ont présenté près de la moitié des importations record du continent en janvier, ce qui a aidé à reconstituer les réserves épuisées, car les niveaux d’il y a un an ont presque triplé. 

Les États-Unis ont déployé 2 000 soldats en Allemagne et en Pologne, mobilisé 1 000 soldats en Roumanie, et ordonné que des troupes supplémentaires se tiennent prêtes à être déployées début février, après avoir préparé un premier déploiement de 8 500 soldats en janvier. 

Peu après la fin du mois de janvier, l’organisme de réglementation de l’énergie du Royaume-Uni, l’Office of Gas and Electricity Markets (Ofgem), a annoncé que le plafond des prix de l’énergie devrait augmenter de plus de 50 % ce printemps, ce qui a pour effet de garantir une hausse spectaculaire de la facture d’énergie des ménages. D’après certaines informations, le Trésor britannique aurait l’intention d’aider à contrecarrer la hausse du coût de la vie en accordant des rabais sur les factures d’énergie ainsi que des prêts aux fournisseurs et en se servant davantage cette année d’une réserve créée pour aider les ménages à faible revenu à faire face aux hausses des coûts du combustible chaque hiver. 

Banques centrales

  • La Banque du Canada a tenu sa première réunion de politique monétaire de 2022 le 26 janvier. Comme prévu, le taux de dépôt est resté inchangé à un niveau historiquement faible de 0,25 % à l’issue de la réunion. Toutefois, la Banque du Canada a déclaré que les capacités inutilisées de l’économie avaient disparu et que, par conséquent, l’orientation prospective extraordinaire sur les faibles taux d’intérêt avait été supprimée. Entre-temps, selon les projections, la Banque du Canada s’attend à ce que la croissance économique passe d’un taux robuste de 6,75 % en 2021 à environ 3,5 % en 2022 et en 2023. La prochaine réunion prévue de la Banque du Canada est le 2 mars. 
  • Le Federal Open Market Committee (FOMC) a tenu une réunion vers la fin de janvier. Dans sa déclaration d’après la réunion, la banque centrale a affirmé qu’elle s’attendait à ce que l’inflation élevée et la vigueur du marché de l’emploi nécessitent une augmentation du taux des fonds fédéraux dans un avenir rapproché. Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, a réitéré le même message lors de sa conférence de presse. Le FOMC a également confirmé qu’une dernière série de nouveaux achats d’actifs, à hauteur de 30 milliards de dollars, aura lieu en février avant qu’il envisage la possibilité d’augmenter les taux, et il a publié une déclaration à l’issue de sa réunion de janvier exposant ses principes pour réduire la taille de son bilan. Au début du mois de janvier, lors de son audience de réapprobation devant le Sénat, M. Powell avait qualifié l’inflation élevée de menace grave. 
  • Le Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre s’est réuni au début février pour la première fois depuis le relèvement de son taux d’intérêt en décembre 2021, et a procédé à une autre augmentation, pour faire passer le taux de 0,25 % à 0,50 %, la première hausse consécutive en 18 ans. Une forte minorité des membres du Comité a voté pour une augmentation plus importante de 0,50 % afin de contrer l’inflation élevée. La banque centrale a également indiqué qu’elle avait l’intention de réduire la taille de son bilan en cessant de réinvestir le produit de son programme d’achat d’actifs. 
  • La Banque centrale européenne (BCE) a également tenu sa première réunion de 2022 au début du mois de février. Elle est restée fidèle à sa politique définie en décembre. Cependant, Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a évité de confirmer ses récentes prévisions selon lesquelles une hausse de taux en 2022 serait peu probable, et a reconnu que les tensions générales causées par l’inflation se poursuivront probablement à court terme. Elle a également affirmé que les achats d’actifs devraient prendre fin avant que les taux puissent être augmentés, ce qui nécessiterait un changement de politique, car il est actuellement prévu que les achats d’actifs se poursuivent indéfiniment après la diminution de leur taille au cours de l’année 2022. 
  • La Banque du Japon a été la première grande banque centrale à tenir une réunion de politique monétaire au cours de la nouvelle année lorsque ses gouverneurs se sont réunis à la mi-janvier. Même si l’orientation de la politique de la banque centrale est restée fixe, avec un taux d’intérêt à court terme de -0,1 % et un objectif de rendement des obligations d’État à 10 ans proche de 0 %, ses attentes ont augmenté pour une inflation plus élevée. La Banque a annoncé après sa réunion de décembre qu’elle ramènerait ses achats d’obligations d’entreprises et de papiers commerciaux aux niveaux d’avant la pandémie à compter d’avril. 
  • La Banque populaire de Chine a réduit le taux préférentiel de ses prêts à un an de 0,10 % pour le porter à 3,7 % en janvier, après avoir procédé à une baisse plus faible en décembre et à une réduction de son ratio de réserves obligatoires (qui dicte le montant d’argent que les banques doivent détenir en réserves) le même mois. 

Données économiques (sauf indication contraire, données provenant de Bloomberg)

  • Selon Statistique Canada, le taux d’inflation (mesuré par la variation de l’Indice des prix à la consommation ou IPC) a ralenti de 0,1 % en décembre, mais a connu une augmentation robuste de 4,8 % pour la période d’un an. Les principaux moteurs de l’inflation ont été la hausse des prix des aliments, des véhicules automobiles et des coûts liés au logement. Excluant l’essence, les prix ont augmenté de 4,0 % sur 12 mois. Les prix à la production ont également augmenté dans l’ensemble. L’indice des prix des produits industriels (IPPI) a augmenté de 0,7 % en décembre, tandis que l’indice des prix des matières premières (IPMP) a reculé de 2,9 %. Au cours des 12 derniers mois, l’IPPI a augmenté de 16,1 % et l’IPMP a fait un bond de 29,0 %. Les prix de l’énergie ont été généralement plus faibles en décembre, mais sont restés sensiblement élevés par rapport aux niveaux d’il y a un an. Les coûts du bois d’œuvre ont également connu une forte hausse pour l’année. Le marché du travail du Canada a perdu 200 000 emplois en janvier, ce qui a fait augmenter le taux de chômage de 0,5 % pour le porter à 6,5 %. Les pertes d’emplois s’expliquent par le retour des mesures de santé publique en raison de la propagation rapide du variant Omicron de la COVID-19.   
  • La croissance de l’industrie manufacturière est restée saine en janvier, mais a continué de ralentir par rapport au rythme effréné qui a prévalu pendant la majeure partie de 2021, atteignant le taux d’expansion le plus faible depuis la fin de 2020. L’expansion de l’activité des services aux États-Unis s’est presque arrêtée en janvier, après une longue tendance depuis des niveaux sains jusqu’à des niveaux échauffés qui remontent à l’été 2020. Les nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations de chômage aux États-Unis ont grimpé, atteignant un sommet de 286 000 à la mi-janvier, le recul de l’emploi saisonnier et la crête de la vague Omicron de la COVID-19 exerçant une pression à la hausse sur le chômage. L’économie américaine élargie a progressé à un taux annualisé de 6,9 % au cours du quatrième trimestre (contre 2,3 % au troisième trimestre) et à un taux de 5,7 % pour la période de 12 mois terminée en décembre. 
  • L’expansion de l’activité manufacturière au Royaume-Uni est restée solide en janvier, maintenant généralement le même taux depuis l’automne. La croissance des services au Royaume-Uni s’est poursuivie à un rythme sain, mais modéré en janvier, de façon semblable au mois précédent. Le nombre de demandeurs d’emploi au Royaume-Uni (qui calcule le nombre de personnes demandant l’allocation pour les personnes à la recherche d’un emploi) a reculé en décembre pour le dixième mois consécutif, d’environ 43 000, ce qui a fait baisser la part des demandeurs d’emploi dans la population de 4,8 % à 4,7 %. 
  • L’activité manufacturière dans la zone euro a poursuivi sa forte expansion en janvier, bien qu’à un rythme plus faible que lors de la hausse du printemps et de l’été 2021. La croissance de l’activité dans les services de la zone euro est restée faible en janvier, après avoir repris sa tendance de ralentissement en décembre suivant une poussée temporaire de vigueur en novembre. Le taux de chômage dans la zone euro a légèrement diminué de 0,1 % pour atteindre 7,0 % en décembre, poursuivant la baisse qui a débuté en mars 2021. La croissance économique globale de la zone euro a ralenti à 0,3 % au quatrième trimestre, contre 2,2 % au troisième trimestre, mais s’est accélérée en glissement annuel, passant de 3,9 % à 4,6 % pour la période d’un an se terminant en septembre. 

Répercussions sur les marchés (les rendements des indices de référence sont en dollars canadiens)

Le début de l’année 2022 a été difficile pour les marchés boursiers : la plupart des principaux indices et des principales régions étaient en baisse. Malgré de légères pertes, les actions canadiennes ont compté parmi les plus performantes du mois. Au pays, l’énergie a affiché des gains importants, suivie de loin par les services financiers, alors que les technologies de l’information et les soins de santé ont tiré de l’arrière. Les petites sociétés ont légèrement tiré de l’arrière par rapport aux grandes sociétés. À l’exception notable du Royaume-Uni, la plupart des marchés développés étrangers, y compris les États-Unis, ont enregistré des baisses. Les marchés émergents ont légèrement mieux fait, mais étaient tout de même en baisse, le Brésil ayant contribué à faire progresser fortement l’Amérique latine, alors que les autres régions ont éprouvé des difficultés. 

Les attentes d’une hausse de taux d’intérêt dans un contexte d’inflation persistante ont ébranlé les marchés des titres à revenu fixe. Les obligations à rendement réel ont enregistré des résultats décevants en raison de leur profil de duration plus long (sensibilité plus élevée aux taux d’intérêt). Les titres de créance des entreprises ont légèrement dépassé les obligations d’État. Les prêts hypothécaires résidentiels ont été le seul point positif, affichant un faible gain en janvier. Les obligations américaines à rendement élevé ont aussi enregistré une baisse. 

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